La plateforme S+T+ARTS est née en 2016 et à travers une série d’essais et d'études de cas, l’ouvrage qui lui est consacré explore comment en dix ans, des collaborations entre artistes et scientifiques ont permis des hybridations artistiques nouvelles, « tout en soulignant le rôle essentiel des artistes dans l'élaboration de pratiques d'innovation plus réflexives, inclusives et tournées vers l’avenir. »
Parmi l’ensemble des textes proposés et des nombreux projets artistiques exposés, je retiens Art-Science-Technology : Collaborations de S.Diakou, S.de Rosa, A.Pinotti et T.Badia qui traite de l’importante question de l’évaluation, « souvent fragmentée, limitée par des critères à court terme et axés sur les résultats (…) qui risquent d'occulter des transformations culturelles, sociales et écologiques plus profondes. Les bénéfices complexes des projets Art-Science-Technologie (AST) échappent fréquemment aux cadres d'analyse conventionnels. »
Il est donc intéressant de regarder la démarche S+T+ARTS comme une source de réflexion et d’inspiration pour d’autres contextes arts et sciences car penser l’évaluation « dès la conception du projet, en mettant l'accent sur l'interaction entre créativité, innovation scientifique, progrès technologique et impact sociétal », c’est penser la méthodologie globale d'une collaboration autour de thématiques artistiques, sociales, économiques, technologiques, politiques et environnementales.
Pour ne pas « réduire la complexité de l'innovation artistique et interdisciplinaire à ses seuls effets les plus visibles (…) il est devenu de plus en plus évident que l'évaluation de l'impact devait commencer bien plus tôt que prévu. Les facteurs qui motivent la participation, les outils et les infrastructures qui permettent l'expérimentation, ainsi que les motivations contextuelles spécifiques des artistes, des chercheurs jouent tous un rôle crucial dans la structuration de l'initiative et de son potentiel transformateur. L'impact ne se résume donc pas à ce qui est produit, mais aussi à la manière dont il émerge et aux raisons de son émergence. »
Retenons trois éléments de base permettant « de comprendre la configuration unique de chaque projet » : Motivations - Objectifs - Moyens
Puis considérons logiquement la dynamique relationnelle qui implique de recenser les :
Conditions initiales - Processus collaboratifs - Résultats immédiats
« Pour chaque domaine, les indicateurs traditionnels doivent être complétés par des indicateurs transformationnels, qui évaluent les dimensions qualitatives du changement, telles que les évolutions de la perception, l’inclusion ou les pratiques de durabilité. (…) En combinant données quantitatives, qualitatives et narratives », l'évaluation est plus robuste « tout en préservant la richesse d’interprétation et la spécificité contextuelle propres aux projets arts-sciences-technologies (…) qui « peuvent influencer non seulement la création de nouvelles connaissances, mais aussi les perspectives et les méthodologies des domaines et secteurs concernés. »
Tout cela implique « l’instauration d’un climat de confiance, d’une reconnaissance mutuelle et d’une attribution juste des crédits ; d’une participation équilibrée et ouverte des acteurs de divers secteurs ; et de la possibilité de renégocier, au moins en partie, les règles, normes et exigences établies en fonction des nouveaux participants et de l’évolution des besoins. Pour évaluer correctement ces processus, une évaluation transformative est nécessaire. »
Disponible en téléchargement libre ici :
