Projet dernière chance
Projet dernière chance, encore une traduction improbable du Project Hail Mary (mais qui décide dans l’équipe marketing quand traduire ou pas un titre ?), un film produit par et pour Ryan Gosling, adapté d’un roman (Andy Weir) et réalisé par Phil Lord et Christopher Miller avec en guest la géniale Sandra Hüller et un alien du genre cailloux parlant.
Hail Mary est le nom d’un vaisseau spatial, Mary le nom de l’IA de bord et Hail Mary est le terme utilisé pour désigner la passe de la dernière chance au foot US qu’on traduit souvent en français comme une passe « Ave Maria »…
Pour une fois l’humanité n’est pas attaquée par des montres de l’espace mais c’est le soleil qui se fait coloniser par un élément inconnu… Ryan Gosling est un prof de sciences excommunié qui va se révéler être indispensable pour résoudre l’affaire et nous sauver tous. Ça sent le réchauffé me direz-vous. Oui et c’est précisément l’intérêt. Prendre tous les clichés et références du genre et réussir à en faire un film aussi attachant qu’original si vous aimez Steven Spielberg (Rencontre du 3e type et E.T. expressément cités), Tintin, Jules Verne, Trou noir, Seul sur Mars (du même auteur avec la même situation - un homme seul dans l’espace) et un peu de Premier contact et Gravity. C’est drôle, pas commercialement vulgaire (à part la musique), un peu mélancolique (parfois ça appuie un peu trop) et ça joue bien, avec Sandra Hüller qui en une scène marque le film (elle me rappelle Jodie Foster dans Contact et la magie de Zemeckis). Côté SF, il y a Rocky l’alien vraiment issu d’une tradition de la marionnette au cinéma et ça marche.
On tient un blockbuster pour tous, efficace et malin mais sans faire le mariole, un feel good movie cool, techniquement nickel et d’une simplicité assumée.