2 fondations, 2 expos événement
Fondation Cartier
Exposition Générale
jusqu’au 23 août 2026
Du boulevard Raspail à la place du Palais-Royal, c’est un déménagement événement et une exposition-vitrine de la collection de la Fondation dans un lieu repensé par Jean Nouvel.
D’ailleurs on ne sait pas très bien qui de l’exposition ou de l’architecture fait événement mais peu importe. J’ai lu quelques plumes chagrines sur le manque de clarté de l’exposition mais à vrai dire, on s’en fout. Une fois que l’on comprend qu’il s’agit d’un patchwork d’œuvres (tout style, tout format, tout continent) disposé dans un dédale d’espaces dont le jeu consiste à s'y repérer (sur trois niveaux mobiles qui offrent de multiples points de vue), alors le plaisir est au rendez-vous.
Il sera temps lors de futures expositions thématiques ou monographiques de faire la fine bouche.
En attendant, c’est bien moins ostentatoire que le Bourse de Commerce ou la Fondation LV, ce qui n’a jamais été le crédo bd Raspail, et ça fait du bien.
https://www.fondationcartier.com
Fondation Louis Vuitton
Gerhard Richter
jusqu’au 2 mars 2026
Après Basquiat, Rothko (et David Hockney que je n’ai pas vu), c’est au tour de Richter. Je n’aime pas LVMH et je n’aime pas la grandiloquence de la Fondation où l’architecture a pris le pas sur l’exposition dont les nombreux espaces apparaissent souvent comme limités malgré la spectaculaire programmation. Mais comme voir tout le travail du peintre ne se reproduira pas de sitôt, je mets de côté mes pauvres récriminations contre l’industrie du luxe. Inévitablement et logiquement, c’est un succès et donc du fait du monde permanent auquel il n’est pas possible d’échapper, il est difficile même en prenant le temps de bien profiter des œuvres (275 œuvres présentées chronologiquement de 1962 à 2024).
Néanmoins, si je ne suis pas sensible à ses peintures abstraites à une ou deux exceptions près ou à ses dessins et croquis, le reste est sublime et je pourrais rester des heures devant ses toiles (réalisées d’après des photographies, coupures de presse, capture d’images).
Parmi elles, j’ai noté dans l’ordre de réalisation : Mao (1970), Gilbert et George (1975), Davos (1981), Eisberg im Nebel (1982), Schädel (1983), Troisdorf (1985), Geseke (1987), Betty (1988), Lesende (1994) et l’installation 11 Scheiben de 2004.
Alors même si ça fait mal de filer 18 euros à Bernard Arnault (quel gros mytho : rappelons que le coût final de la Fondation est à 60% à la charge de l’État), et qu’il n’y a presque plus que là (chez les milliardaires) que l’on peut voir des expos contemporaines de cette ampleur, d’autant plus que Pompidou est fermé pour travaux, non rien de rien, je ne regrette rien.
https://www.fondationlouisvuitton.fr/