Kessel

Gun-Club #51 - Notre salut + Digger

Chronique dominicale

Gun-Club
1 min ⋅ 11/10/2026

Notre salut d’Emmanuel Marre

Digger d’Alejandro González Iñárritu

Une fois n’est pas coutume, je ne me suis pas précipité sur le clavier pour faire quelques commentaires sur ces deux films que j’ai vus coup sur coup le week-end-dernier.

Ce qu’ils ont en commun, c’est qu’ils laissent perplexe et impliquent du temps pour en apprécier ou pas les qualités. Tous les deux via des dispositifs inédits parlent du monde d’aujourd’hui mais tous les opposent, y compris la fréquentation en salle et c’est Digger qui prend le bouillon.

Côté Notre salut, la subtilité et Swan Arlaud, côté Digger, la grosse farce et Tom Cruise. On peut dire qu’ils sont aux antipodes l’un de l’autre.

La force de Notre salut est d’avancer par petites touches, dont certaines font mouche alors que la faiblesse de Digger est d’aller à marche forcée.

Malgré tout, je ne bazarderais pas Digger non plus qui me fait vraiment penser à une adaptation théâtrale de Dr Folamour avec Steve Coogan que j’ai vue au Noël Coward Theatre de Londres il y a presque 2 ans. Dans le West End, on trouve absolument tout et n’importe quoi en matière de théâtre et de « musical », les anglais adorent ce mélange des genres entre sérieux et farce. Digger ressemble d’autant plus à ça qu’il y est bien question de théâtre. Par ailleurs, et malgré toutes les vicissitudes du film, Iñárritu a une capacité à produire des « tableaux » extraordinaires. On parle parfois de film malade, c’est est un et qui vaudra peut-être la peine d’une réhabilitation ultérieure. 

Bref, c’est un machin ou plutôt une grosse machine au service de Tom Cruise qui comme il le dit lui-même n’envisage les choses que sous l’angle de la performance.

Emmanuel Marre fait tout le contraire même quand il « ose » des décalages avec notamment une scène de danse tout à fait incongrue et mémorable. Son film me rappelle un livre de 1947 que je cite souvent, LTI la langue du IIIe Reich de Victor Klemperer sur la puissance du langage à modifier nos comportements. Qu’il s’agisse d’une fête assez glauque ou d’un échange avec une secrétaire sur ce qu’il convient de dire pour ne pas dire rafle, les mots nous plongent dans un cauchemar (qui vient). Un très grand film.

Gun-Club

Par Luc Brou

Cinéma, littérature, arts, sciences et technologies mais ça n’est pas exhaustif.

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